
Ce week end je vais chiner à la grande vente Emmaüs annuelle de ma région.
Tous ces objets ou ces fripes dont on n'avait pas besoin, mais qui, d'un seul coup, créent en nous un besoin, nous rappellent un souvenir.
La société de consommation dans toute sa splendeur. Que faire, de ces meubles usés, de ces vieilles bicyclettes, de ces bouquins qu'on ne veut plus?
Moi même j'ai déposé des choses lors de mes nombreux déménagements...parfois même à regret faute de place dans mes nouvelles demeures. Que dire de cette collection de studio, chaque revue conservée depuis plus de 10 ans qui pesait dans les 100 kg et que j'ai laissé avec un pincement au coeur. Plus de 10 ans de films cinématographiques, des coups de coeur liés à des périodes heureuses ou malheureuses de ma vie.
Et bien d'autres choses encore.
Mais j'ai trouvé des merveilles aussi (pour moi), ces petits fauteuils en rotin où il faisait bon faire la sieste les après midi d'été, lové dans de moelleux coussins, que j'ai donné à des amis depuis (déménagement oblige...) et des livres, beaucoup de livres...que j'ai gardé, d'autres que j'ai ramené après lecture...Et ce manteau en velours de laine que je n'ai jamais mis mais que je garde malgré tout. Il est beau, il est lourd et chaud...inutile...mais pendu dans ma penderie. Il y restera...jusqu'à un autre changement?
Cette vente, c'est une atmosphère, au bord de la rivière. On croise des gens huppés, des "petites gens", des laissés pour compte, des antiquaires avides de la bonne affaire, toute la société est là , il y a des flonflons et la buvette, des saucisses grillent sur des barbecues de fortune qui en ont vu d'autres...et ça s'interpelle... hé Georges et toi Robert t'as vu la mignonette? file moi une bière au lieu d'regarder les minettes...
Toute une ambiance où on joue des coudes pour apercevoir ces chemises aux cols usés, pour toucher ce bibelot, celui qu'on regardait à peine sur le buffet de nos grand-parents ou parents...ce tableau de chasse en canevas du plus bel effet!
Il fait chaud malgré le ciel gris, les odeurs se mêlent, bon d'accord pas toujours agréablement...mais c'est ça la vie...on cotoie, on croise, on déconne avec un(e) inconnue...une blague, un sourire et même si on ne ramène rien (c'est rare, on aide la communauté Emmaüs quand même), on a toujours au fond des yeux ou au fond du coeur un moment de grande humanité, populaire certes mais et alors...il n'est pas forcément nécessaire d'aller dans les hautes sphères pour comprendre nos voisins humains...quelle importance, c'était bien...
